Le poids du silence et des non dits

Le poids du silence : quand les non-dits nous enferment

Il y a des phrases que l’on garde au fond de soi, par habitude, par peur ou parce qu’on n’a jamais appris à les dire. Peut-être que dans votre famille, on ne parlait pas de ce qui dérangeait. On cachait la colère, la tristesse, les blessures. Alors, naturellement, vous avez fait pareil.

Au fil du temps, cela devient une seconde nature : mieux vaut se taire, garder pour soi, sourire en surface.

Mais à quel prix ?


Quand le silence s’installe dans le corps

Les émotions sont de l’énergie. Quand elles circulent, elles nous traversent puis s’apaisent. Mais quand elles restent coincées, elles se cristallisent, et le corps finit par les porter.

Beaucoup de personnes décrivent :

  • des tensions physiques (maux de dos, nuque raide, migraines récurrentes),

  • des troubles digestifs (maux de ventre, estomac noué, perte ou excès d’appétit),

  • une fatigue persistante, comme si l’énergie vitale s’épuisait à contenir ce qui n’est pas dit.

Le corps devient alors le porte-parole silencieux de ce qui n’a pas pu être exprimé avec des mots.


Le poids psychologique des non-dits

Au niveau émotionnel, le silence peut se transformer en :

  • Anxiété diffuse, ce sentiment d’être tendu sans savoir pourquoi,

  • Irritabilité, quand la colère retenue finit par ressortir de façon disproportionnée,

  • Tristesse ou isolement, car on se sent incompris·e, parfois seul·e, même entouré·e,

  • Manque de confiance en soi : à force de ne pas dire, on finit par croire que nos émotions ne comptent pas, qu’elles n’ont pas de valeur.


Quand on a grandi dans le silence…

Il est important de le reconnaître : ce n’est pas facile de dire quand on a toujours appris à se taire.

Si vos parents ne parlaient pas de leurs émotions, si les conflits étaient passés sous silence, si exprimer un ressenti était perçu comme un danger, il est normal que ce soit difficile pour vous aujourd’hui.

Vous n’avez rien « raté » : vous avez simplement reproduit ce que vous avez connu. Et la bonne nouvelle, c’est que cela peut changer. Mettre des mots s’apprend, étape par étape.


Retrouver la liberté de s’exprimer

Oser dire, c’est un chemin. Il ne s’agit pas de tout révéler d’un coup ni de forcer les choses. Mais plutôt de :

  • Commencer petit : dire une émotion simple, exprimer un besoin concret,

  • Choisir un cadre sécurisant : une personne de confiance, un moment calme,

  • Se faire accompagner si besoin : des approches comme l’EFT ou l’EMDR aident à libérer les blocages émotionnels hérités du passé et à retrouver la confiance nécessaire pour dire.


💡 Conseil pratique

La prochaine fois que vous sentez une émotion monter, prenez un instant. Inspirez, expirez, et demandez-vous : “Quel mot simple pourrait décrire ce que je ressens ?”
Un seul mot peut déjà être un premier pas vers plus de vérité et de légèreté.


Dire pour alléger

Chaque mot exprimé est un poids en moins dans ce sac invisible que vous portez depuis si longtemps.
Les non-dits enferment, mais les mots libèrent. Et même si ce n’est pas simple, chaque petite phrase posée avec douceur est déjà une victoire sur le silence.

« Les émotions retenues sont comme des graines dans l’obscurité : elles cherchent la lumière pour grandir. Oser dire, c’est les laisser fleurir au grand jour. »